Augustine

Série de 4 toiles, tissus cousus sur de la toile de Jouy, broderie et sequins, 130 x 97 cm par toile, 2025.

La série “Augustine” a été créée à partir de photos d’archive puisées dans l’”Iconographie photographique de la Salpêtrière” sous la direction de Jean-Martin Charcot. Ces archives constituent une première dans le champ de la psychiatrie clinique. Tout ce qui était à la marge, tout ce qui ne rentrait pas dans la logique rationnelle de la conception de l'époque - et donc principalement les femmes dites hystériques - était systématiquement photographié, mesuré, documenté, classé. Augustine était un des modèles préférés du professeur Charcot et de ses assistants puisqu’elle avait des “crises hystériques” considérées “spectaculaires” et, probablement aussi de par sa beauté - que l’on pourrait considérer aujourd’hui comme photogénique. Elle est entrée à la Salpêtrière à l’âge de 15 ans et demi.

J’ai brodé, dans cette série de portraits, les paroles d’Augustine, celles qu’elle pouvait prononcer lors de ces fameuses “crises”. Les mots d’Augustine étaient alors considérés comme du délire. Ils sont pourtant, pour le moins, explicites. On comprend, en effet, rapidement que celles-ci a vécu un traumatisme, c’est-à-dire qu’elle a subi une agression sexuelle, qui était bien avérée dès son entrée dans l’hôpital. Augustine a, en effet, été violée par son patron sous la menace d’un rasoir. Si aujourd’hui, le lien avec son trauma nous semble évident, cela semblait loin d’être le cas à cette époque. C’est Freud, alors élève de Charcot, qui mettra le doigt dessus et constituera alors les bases de la psychanalyse (malheureusement, il se rétractera, par la suite, au vu du nombre de cas observés et de sa culture puritaine en évoquant des fantasmes au lieu d’actes réels vécus.). L’histoire d’Augustine nous questionne donc non seulement sur la prise en compte de la parole des femmes dans l’histoire contemporaine, mais aussi sur la prise en compte du viol comme traumatisme, en particulier pour celles issues de classes sociales populaires.

Augustine
Augustine, 2025, série de 4 toiles, tissus cousus sur de la toile de Jouy, broderie et sequins, 130 x 97 cm par toile, vue de l'exposition "Conjurer le sort" à la galerie associative de Beauvais en 2026.
Augustine
Qu'entendez-vous à la médecine ? (série “Augustine”), tissus cousus sur de la toile de Jouy, broderie et sequins, 130 x 97 cm, 2025.
Augustine
Tu voulais que je faute avant toi (série “Augustine”), tissus cousus sur de la toile de Jouy, broderie et sequins, 130 x 97 cm, 2025.
Augustine
Tu as beau dire si je dis non (série “Augustine”), tissus cousus sur de la toile de Jouy, broderie et sequins, 130 x 97 cm, 2025.
Augustine
Les paroles s'en vont, les écrits restent (série “Augustine”), tissus cousus sur de la toile de Jouy, broderie et sequins, 130 x 97 cm, 2025.