Seconde version de l’installation « Conjurer le sort », celle-ci est focalisée sur des pièces mettant en scène des simulacres d’ex-voto. Présentée lors de l’exposition « Ésotourisme » aux Ateliers Babioles à Ivry-sur-Seine en 2026, elle rassemble des œuvres en tissu brodé et des céramiques émaillées.
Les œuvres en tissu découpé et brodé représentent des pieds, des jambes, des mains ou encore des bras. Certaines présentent des écrits : « Qu’entendez-vous à la médecine ? », « Tu m’as dit que tu me guérirais » ou encore « Je te confie des secrets. », et d’autres sont striées de lignes bleues rappelant les veines ou les liaisons nerveuses. Elles évoquent ces situations où nous sommes à la fois dépendants de la médecine lorsqu’une maladie survient, mais aussi les doutes, voire le désespoir, que celle-ci peut générer lorsque l’affection résiste au savoir scientifique.
Un diapason brodé fait office de figure centrale. Objet ambigu, il est autant utilisé dans les médecines parallèles auxquelles beaucoup ont recours en cas de non-résolution des souffrances vécues que dans la médecine officielle, dans certaines affections ORL ou relevant de la neurologie. Au-delà de cet aspect ambivalent, la référence à cet instrument, dans cette installation, renvoie à son utilisation avec les « hystériques » de la Salpêtrière afin de les plonger dans des états hypnotiques à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Je me suis, en effet, référée à « L’Iconographie photographique de la Salpêtrière », dirigée par Jean-Martin Charcot, pour créer nombre de ces pièces. Les citations brodées reprennent ainsi, pour la plupart, des paroles de Louise Augustine Gleizes alors internée à la Salpêtrière.
Les céramiques émaillées, qui viennent ponctuer l’installation, sont une référence presque littérale aux ex-votos représentant des parties du corps. Pour autant, leur couleur argentée métallique nous renvoie aussi aux espaces aseptisés de la médecine chirurgicale, mais aussi aux expérimentations faites à partir du mercure. Celui-ci fut, en effet, longtemps utilisé dans de nombreuses médications, alors qu’il est maintenant considéré comme toxique à la fois pour le corps, mais aussi pour l’environnement.